Le poids des mots

En ce moment, mon corps et moi, nous vivons une relation un peu difficile. Je me sens mal dans ma peau, mal dans mes fringues, j’aime pas mes cheveux ni ma tronche… Bref, je vais pas partir dans une liste exhaustive sinon il y en aurait pour 18 000 lignes !

Depuis un mois, je suis repartie dans une perte de poids, car j’ai vraiment envie de perdre ces kilos qui se sont installés et qui me font repasser en “zone” de surpoids. Cette fois, j’aborde la perte de poids d’une manière plus complète et j’essaie (essayer c’est déjà bien hein) de me soigner sur tout ce qui gravite autour et qui au final me fait beaucoup plus de mal que mes kilos en trop.

J’aborde notamment la question de la nourriture émotionnelle en lisant un livre sur le sujet qui m’aide à identifier si mes envies et mes fringales proviennent d’une vraie faim physique ou d’un coup de stress, d’une baisse de moral, de l’ennui. Sur ce premier axe, ça avance ! J’arrive de plus en plus à identifier ma vraie faim d’une faim émotionnelle, le prochain pas est d’arriver à ne pas y succomber à chaque fois.  

En revanche, là où je n’avance pas ou très difficilement, c’est sur le sujet de l’estime de moi fondée sur les mots que j’ai pu entendre depuis toujours à propos de mon physique ou de mon poids. Ces mots qui sont devenus ma réalité. Des camarades d’écoles qui pouffent de rire quand tu passes, des surnoms plus ou moins valorisants “grosse vache”, “baleine”, “gros ploplos”, “la grosse”, “boudin”, “saucisse”, “gros cul”, “gros tas” et j’en passe ou encore toutes ces remarques totalement déplacées et blessantes “tu devrais maigrir”, “t’as pas pris du poids ?”, “c’est pas bon pour ce que t’as”, “mange des légumes, ça te fera pas de mal”, “j’ai honte de toi”, “je préfèrerai que tu sois moins ceci ou plus cela” ou encore plus pervers, les compliments que je n’ai que depuis que j’ai perdu du poids. Ces mots résonnent sans cesse dans ma tête et chacun est une blessure gravée en moi. Et quand je me sens comme en ce moment, quand je me regarde, c’est tout ça que je vois, une baleine, une grosse vache avec un gros cul et des gros seins qui ferait mieux de maigrir. C’est violent non ?

En écrivant tout ça, je me dis que c’est tout de même archi fou que des personnes, un jour, dans leur tête, se sont dit que toutes ces choses seraient utiles d’être dites. Qu’elles passeraient, comme ça, crème. Mais putain, pourquoi ? Pourquoi dire ça ? Les gens ne se rendent pas compte du poids des mots, de leur responsabilité sur les complexes des autres.

Pendant des années, autour de ma 20aine, j’en étais même arrivée à juste détester les gens, tous quels qu’ils soient, j’avais une colère immense que je renfermais à l’intérieur de moi. Je ne supportais plus d’entendre toutes ces choses que l’on me disait avec plus ou moins de tact. Bizarrement, c’est aussi à cette même période que j’ai atteint les 90kg+ pour 1m63 et que j’ai eu des problèmes de santé liés au foie (tiens tiens, l’organe de la colère, bizarre hein).
C’est aussi à cette même période que j’ai le plus souffert de troubles du comportement alimentaire qui se manifestaient sous forme de violentes pulsions, obsessionnelles qui me menaient jusqu’au magasin le plus proche acheter chips et bonbons que j’engloutissais en moins de 5 minutes jusqu’à en avoir mal au ventre.

Avec le temps, les crises se sont espacées et ont quasi disparues. Je dis quasi parce qu’en ce moment, je m’autorise un repas “plaisir” dans la semaine où j’ai le droit de manger ce qui me fait envie, c’est souvent quelque chose de gras et j’y pense pendant des jours et des jours. Ce comportement n’est pas tellement sain, je l’accorde et il est très certainement hérité de cette relation complexe que j’ai toujours eu avec la nourriture mais pour le moment, il me permet de limiter les craquages. Je sais que le craquage arrive tel jour, alors les autres j’arrive à rester “sage”.

Depuis ces 3 dernières années, je travaille beaucoup sur moi pour apprendre progressivement à avoir du recul sur l’importance que je donne au regard des autres. Parfois, ça marche, j’arrive à faire abstraction de ces critiques et de travailler mon estime de moi et puis à d’autres périodes, ça reste difficile, très difficile, je me reprends tous ces mots en pleine tronche et c’est la spirale infernale…

Visuel : Lotus et bouche cousue, Pinterest

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2 réflexions sur “Le poids des mots

  1. Amandine / Drawings and things dit :

    Oh comme je peux te comprendre …. j’ai eu la même adolescence, et je sais ce que c’est. En ce moment je repars en fringale et j’ai du mal à gérer mon rapport à la nourriture.
    En tout cas, ne te laisse pas avoir par le regard et le jugement des autres. Même s’il est difficile à vaincre, tu es une belle femme. Sois fière de toi et de tes efforts accomplis. N’oublie pas de te faire plaisir de temps en temps pour ne pas être frustrée. Et si tu veux en parler autour d’un café je suis là !

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    1. Miaousss dit :

      Oooh ton commentaire est vraiment adorable !
      J’espère que tu vas vite pouvoir retrouver ton équilibre pour gérer tes fringales. C’est vraiment pas simple d’y résister.
      Merci en tout cas pour tes mots et tes encouragements qui font du bien 😘
      A très bientôt !!

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